Laurier cerise

Accidents et parasites du laurier cerise

 

Nom scientifique: Prunus laurocerasus

Variétés : ' Rotundifolia ' ; ' Otto Luyken ' ; ' Zabeliana ' ; ' Caucasica ' ; ' Reynvaanii ' ...

 

Le plus sensible aux accidents et parasites étant le plus commun: Prunus laurocerasus ' Rotundifolia '; nous nous attarderons principalement sur cette variété.

 

Problèmes physiologiques

 

Gel :

bien que les lauriers ( Prunus laurocérasus... ) communément employés dans nos contrées résistent relativement bien au gel, il n'est cependant pas impossible de les voir en subir les conséquences si la température descend sous les -12 ° C , - 15 °C.

Dans ce cas, toutes les feuilles brunissent rapidement ( 2-3 jours ) sur l'ensemble du végétal et se laissent retomber le long des branches avant de tomber sur le sol, laissant ainsi un arbuste squelettique.

Cet accident est très rapide et impressionnant, cependant, il n'est pas irréversible; en effet, dans la plupart des cas, le Prunus l. repercera au printemps et ses branches seront rapidement recolonisées par un nouveau feuillage. On peut aider la plante à se '' réparer '' en la taillant fortement au printemps ( 1/3 à 2/3 de la hauteur ), lui permettant ainsi d'utiliser toute son énergie à cette fin.

ATTENTION toutefois si une seconde gelée tardive venait à compromettre à nouveau cette nouvelle feuillaison, il y aurait de fortes chances que cette fois, le laurier périsse épuisé.

 

Manque ou excès d'eau :

si  les Prunus laurocerasus ' Rotundifolia ' sont des arbustes relativement  volontaires en pleine terre, ils ont aussi certaines exigences, principalement en ce qui concerne l'alimentation en eau. Ils peuvent supporter une période courte d'excès d'eau, après de fortes pluies dans un terrain peu perméable par exemple. Ils ne supportent cependant pas d'être installés dans un sol totalement imperméable ( et c'est le cas de nombreux arbustes ). La sécheresse peut également leur être fatale, surtout lorsqu'ils sont jeunes. Dans les deux cas ( terrain ' noyé ' pendant une trop longue période ou au contraire, sécheresse du climat excessive ), les feuilles vont tout d'abord se recroqueviller en forme de cuiller puis sécher sans brunir et tomber par manque d'eau ou, sécher, brunir et tomber par excès d'eau. Arrosez donc vos lauriers cerise en cas de sécheresse et évitez aussi de les planter dans un terrain argileux et imperméable.

 

Sol trop alcalin :

cet arbuste se complaît dans des sols dont le pH se situe entre 6 et 7; au delà de 7, des problèmes peuvent survenir, principalement sous forme de chlorose ( une chlorose est une décoloration du feuillage, généralement du vert vers le jaune; plus l'accident est grave, plus la feuille sera jaune...); le processus est généralement très lent, ce qui laisse tout le temps pour réagir. Une analyse du pH serait le meilleur départ à un bon diagnostic et, si il s'agit vraiment d'un problème de pH ( une chlorose peut aussi être provoquée par un sérieux manque de nourriture ), on peut acidifier le sol en apportant de la tourbe ordinaire ou encore du sulfate de fer ( attention avec le sulfate de fer que la dose doit-être réfléchie, le pH ne pouvant être acidifié de plus d'un point sous peine de détruire la faune, très utile ,du sol; ce produit peut également tacher les pierres d'un mur ou d'une terrasse... ).

 

Sels de déneigement :

comme toutes les plantes susceptibles d'être plantées en haies, les lauriers peuvent subir les dégâts des sels de déneigement. Ceux-ci se traduisent de deux manières: le sel déposé sur les feuilles provoque de graves brûlures qui se nécrosent ( une nécrose est une tache desséchée à l'endroit précis ou est ' tombé ' le sel ); on trouve donc des lauriers parcourus de taches brunes, souvent avec un bord plus foncé. L'autre symptôme traduit un problème beaucoup plus grave: dès le début du printemps, les arbustes présentent les mêmes symptômes que ceux provoqués par la sécheresse, et ce, même si le temps est humide; c'est la concentration élevée en sel dans le sol qui dessèche les plantes. Dans le premier cas, les feuilles nécrosées seront bientôt remplacées par des nouvelles; dans le second, la haie est compromise, et toute autre plantation impossible pendant une période dont la durée va dépendre de la concentration de sel qu'a reçu le sol.

 

Maladies cryptogamiques ( les plus fréquentes )

 

Oïdium perforant :

maladie provoquée par le champignon Sphaerotheca pannosa. Les jeunes feuilles se couvrent tout d'abord d'un duvet blanc puis, se déforment gravement et les parties attaquées se détachent et tombent. Cela donne un arbuste dont les plus jeunes feuilles semblent chiffonnées et mutilées car des parties en sont tombées. Les feuilles en début d'attaque sont couvertes en partie d'un duvet blanchâtre, comme de la poussière. Les moyens de combattre cette maladie sont tout d'abord préventifs: éviter les engrais trop concentrés en azote ( N ) qui provoquent un foisonnement de jeunes feuilles sensibles ( parfois, ces engrais agissent sur une haie alors qu'ils ne lui étaient pas destinés, par exemple lors de la fertilisation printanière d'une pelouse avec un engrais '' coup de fouet '' riche en azote au abords immédiats de la haie...). Dès l'apparition de la maladie ( au stade '' feuilles blanchâtres '' ), il est parfois suffisant de tailler la haie afin d'en éliminer les jeunes pousses infectées ( et les brûler ). Si la maladie devait cependant à nouveau s'installer, un traitement avec un mélange de produits à base de soufre ( contre oïdium ) et de propinèbe ( diminue la résistance des champignons et augmente celle des végétaux ) serait indispensable.

 

Rouille perforante :

provoquée par Coryneum beyerinckii, cette maladie de criblures ( ce n'est pas une vrai rouille ) attaque les jeunes et les plus vieilles feuilles. Des taches brunes de formes variables mais assez régulières envahissent les feuilles. Après quelques jours, ces taches, séchées, se détachent et tombent laissant ainsi un trou tout aussi régulier. On a l'impression que le laurier a été attaqué par un insecte puissant capable de creuser des trous à l'intérieur des feuilles ( en général, les insectes broyeurs attaquent les feuilles par les bords; c'est plus facile...). La différence avec oïdium perforant est que les feuilles ne sont pas déformées et ne présentent pas de '' poussière '' blanche.

Les actions préventives contre cette maladie sont identiques à celles de l'oïdium décrit plus haut; par contre,; en ce qui concerne le traitement chimique, on fera également une association avec du propinèbe, mais le soufre sera remplacé par du cuivre. Attention cependant si vous utilisez du '' sulfate de cuivre '', il sera préférable de le choisir dans la même marque que le produit contenant du propinèbe et de s'assurer de la compatibilité des deux formules car il est de loin préférable que le sulfate soit '' neutralisé '' sous peine de provoquer de graves brûlures car ce produit, à forte dose, est un défoliant. Plus cher mais plus sûr: l'oxychlorure de cuivre) .

 

Verticilliose :

très grave maladie provoquée par Verticillium albo-atrum. La gravité de cette maladie réside dans le fait que le champignon attaque tout d'abord les racines puis se propage dans les tissus conducteurs du végétal. Les premiers symptômes sont très rapides et la réaction du jardinier doit l'être tout autant....

Une fois encore, les feuilles se dessèchent rapidement mais, cette fois, seulement sur une ou deux branches à la fois ( le reste de l'arbuste semble en bonne santé ). En observant bien les branches desséchées, on peut y observer des zones arrondies plus foncées que l'écorce. A ce stade, le traitement efficace est encore possible; plus tard, la maladie risque de disparaître en apparence, puis de réapparaître de plus belle l'année suivante. Les symptômes pourraient faire penser à la première réaction d'une branche ayant été atteinte par du sel de déneigement, la grosse différence étant que cette maladie se manifeste en plein été, et par temps chaud. Le seul traitement efficace à lieu le plus tôt possible après l'observation des premières branches mortes: les couper et les brûler, puis arroser abondamment avec une solution à base de fosétyl-al ( au pied des arbustes, le champignon étant localisé au départ au niveau des racines; de plus, ce produit est systémique, ce qui signifie qu'il migrera ensuite vers les parties aériennes ). ATTENTION que certains sites conseillent aussi l'utilisation de produits à base de cuivre contre cette maladie: NE JAMAIS MELANGER CUIVRE ET FOSETYL.

 

Arthropodes

 

Peu d'arthropodes s'attaquent au Prunus laurocerasus, probablement en raison de la dureté de ses feuilles et de leur toxicité élevée pour beaucoup d'animaux ( dont l'homme, les chevaux, les bovins...). Certains acariens peuvent toutefois provoquer un jaunissement sur lauriers roses en serre ou véranda, ainsi que des cochenilles. Les acariens provoquent une multitude de mini-taches jaune pâle et les feuilles prennent un aspect souillé; en y regardant de près, avec une loupe, on peut distinguer des toiles et parfois les acariens eux-même. Les cochenilles sont très visibles à l'oeil nu et se présentent comme de petits casques bruns, beiges ou blancs selon les cas. Les acariens détestent l'eau; si vous bassinez régulièrement les feuilles, ceux-ci disparaissent généralement; sans quoi, un acaricide quelconque du marché fera l'affaire. Les cochenilles sont plus difficile à détruire; brosser les feuilles avec de l'eau légèrement savonneuse peut aider, rincer la plante ensuite. Les produits anti-cochenilles se font rare sur le marché; la lutte biologique est efficace, mais impensable sur des sujets isolés.